169 Sourire niais


Au printemps se préparent les plantations de rire, les boutures d’arrosoir. Partout éclosent colliers de fleurs et jus de fruits. Il y a tellement de magie multicolore, des roses comme des bulles de savon, des boutons de boules de cristal: l’avenir paraît plus facile à lire, l’air est rempli de devenirs sensibles, d’atomes sucrés. Le pouls se fait partout palpable, la vigueur devient viscérale, la mémoire se refait une beauté. Toutes les membranes se mettent doucement à vibrer, les roseaux ressemblent à des flûtes, les pierres à des tambours, l’innocence a son sourire niais. Le monde semble vouloir nous dire tout ce qu’il sait dans sa langue de soupirs, n’en finit plus de murmurer. On se demande de quelle énorme cage tellement d’oiseaux ont bien pu s’échapper. Le ciel, énorme d’air et de senteurs, inhale les fumeroles des toutes dernières flambées, on se chauffera désormais aux brochettes et aux phéromones. La course au plaisir, sitôt lancée, est effrénée, les sentiments se passent tour à tour le relais…

Et puis, il y a les jupes, courtes, raccourcissantes, et toutes ces choses qui, mises ensembles, font paraître bien courts les jours toujours plus longs.

 

La alegría ha sacado su espejito y se pinta… (La joie a sorti son petit miroir et se maquille…) Gabriel Celaya.

 

LPA fév 18

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