195 Aux trieuses de lumière

Manteau froid de la nuit.
Je me réchauffe au souvenir
d’étés vieux de trente ans

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J’ai passé un temps fou
à regarder si le mille-pattes
allait faire marche arrière.

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A nous tous, nous sommes seuls.
Dos à dos, nous sommes encore loin.
Isolés par nos ressemblances.

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Mais, si je tombe suffisamment longtemps,
ne finira-t-on pas par dire que je vole ?

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J’ai pris rendez-vous
avec un bol de thé vert.
Gourmand de sagesse.

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Des crevasses de liberté
et des clins d’œil au néant.
Le destin n’a plus que moi
à se mettre sous la dent.

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Sorcellerie, leçon numéro six :
« Tiens-toi au balai, j’enlève le sol ! »

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On se souvient de ce qu’on n’a jamais été.
Et sous la table du salon, notre mort, là encore,
qui vient nous faire du pied.

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Danger des paysages.
Magnétisme de l’immensité.
Et l’eau turquoise qui ne t’apprend pas à nager.

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La pluie de printemps
a reposé les abeilles,
trieuses de lumière.

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« Le silence lui-même a quelque chose à taire. »
(Vladimir Holan)

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