204 Emoticonoclaste

Barcelone attend le vent. Les trains lui donnent des tremblements. Pour s’être trop donnée, elle voudrait maintenant se vendre et mettre aux enchères son accueil caravanier. Pareil que partout où le populo commence à fleurer le pourri au ras du sol, on a tendance à vivre dans les hauteurs, depuis le donjon des boutiques, chaussés de semelles compensées ou d’autobus panoramiques. Passerelles et terrasses, mutations loin de la surface.

Comme chaque fois qu’ils invoquent la liberté, ils le font en criant. Aux balcons, le soleil-qui-brille-pour-tous essaie de décolorer les étendards de la politique de tous bords. Chacun rédige sa version personnelle de ses droits de l’homme rien qu’à lui. Au diable la rédaction universelle ! Si tu n’appartiens pas à un groupe de pression, tu ne représentes désormais plus rien.

Trouve-toi une case où t’accroupir avant que ne reprenne la razzia. Consulte bien le programme des pogroms. Prends donc une étiquette, un avatar, un uniforme, deviens défenseur de ce « nouvel » ordre aux odeurs rances de vieux fanatisme baveux. Choisis-toi un drapeau, une équipe, un troupeau, décide-toi : mouton ou veau…

Mais ne viens pas réfléchir à voix haute, ne viens pas penser à la place des autres. Ne va pas croire qu’on voudrait s’en sortir à tout prix, car la reddition est tentante, si les chaînes sont jolies, si la gamelle est bien servie, si tous les youtubers l’ont dit. Si ça te chante, tu peux écrire partout tes valorisations cyniques, tes évaluations sur la purée trop tiède ou le serveur pas suffisamment servile. Donne tes « datas » en échange de ton avis.

Regarde : par exemple, à l’aéroport, désormais, tu peux même t’exprimer au sujet des cabinets ! Et l’on osera me dire que le monde n’est pas merveilleux ? Ils nous ont mis un système pas trop compliqué, certes un tantinet infantilisant, ou parce qu’on leur parait vraiment trop cons, à base de grosses bouilles rondes super sympas qui vont du vert-gentil au jaune-moyen et au rouge-méchant (attention, ne va pas te tromper !) pour dire tout haut ce que l’on pense tout bas des latrines, preuve qu’on est des hommes libres dans une société bienveillante qui prend grand soin de notre opinion comme de nos crottes. (manque plus qu’un aspirateur-drone-caca de Google-shit nous demande juste avant de chier si on accepte qu’ils conservent nos excréments qui seront propriété de l’entreprise…)

Comme tu es très très fort et très très courageux, d’une simple pulsation (ça veut dire « appuyer ») sur le bouton en forme de figure pas contente du tout, tu peux faire renvoyer cette vilaine migrante péruvienne paresseuse qui n’a pas correctement récuré la chiotte où ton indicible crasse à pris toutes ses aises de porcelet. Faut dire que les délicieux sandouiches et les frites en zigzag de l’onc’ maqueue nonald ils te font faire de ces cacas-proutprout ! Ouille ! aille ! aille ! J’te raconte pas ! (dommage que y’a pas une photo gratuite de ta cacoune en sortant, tout le monde pourrait la « laïker ».)

Je sais, toi, tu préfères (tu es habitué, c’est normal) mettre un pouce-en-l’air ou un pouce-en-bas, seulement l’idée est déjà prise par ton club de plus-meilleurs-copains ! Ooooohhhh ! Sourire vers le bas ! Mais tu verras, c’est fun-easy-cool, c’est comme quand tu dois décider si ce que disent les supers amis que tu suis partout toul’temps grâce à ton téléphone vachement intelligent, c’est « oui-sourire » ou « non-boudeur ».

Comme par exemple : « carpédième » (en vieux Grec d’il y a trop longtemps, ça veut dire pareil que « buffet libre et boissons comprises » ) ou « la France aux Français pour de vrai » ou « l’Italie aux babiasses », ou, hahaha, « les bombes pour les z’arabes » (ils sont super marrants tes copains, ils ont des « like » de plein de monde)… Allez va, ça suffit, on arrête un peu de réfléchir, on ne va pas se faire mal ! Va donc au distributeur de bonbons de beurre chocolaté au sucre-glace caramélisé de miel light au glucose doux, et n’oublie pas de faire bien bien attention aux terroristes ! …

Terminal 1. Nombreux vols retardés de presque une heure. Foutu climat déréglé par le kérosène que les mêmes avions injectent directement dans la troposphère. La tension se fait les dents sur les organismes qui remplissent les navettes, les couloirs, les salons. Particules constitutrices d’un être énorme, fait de longues protéines de files d’attente, de macromolécules d’assis qui mangent, d’électrons qui courent en tous sens, passant leur frénésie le long du long tracé de lignes à suivre ou ne surtout pas traverser. Ils agitent les jambes faute de pouvoir crier leurs aigreurs, maltraitent de petits rectangles brillants qu’ils bourrent du doigt, comme on bourre du coude un copain, pour s’exaspérer en cœur de tout ce qui les consume.

L’absorption de saccharose leur permet de compenser le manque de sucre émotionnel. On voudrait adoucir cette gorge que tout agresse, qu’un rien irrite, crier tout ce qui nous est resté en travers du larynx, desserrer ce nœud qui l’oppresse à coups de boissons fraîches. Ils s’envoient des litres d’excitants, de machos-machins-trucs energisants, des barres de chocadrenaline et de testostéro-sucres hyperrapides, et ensuite se surprennent que l’overdose de stress soit le mal principal de leur siècle malade. (Selon moi, on ferait mieux de bourrer les sodas de calmants, quitte à s’intoxiquer…)

Les coupables (il doit forcément y avoir un responsable, un accusable, un condamnable) n’ont qu’à bien se tenir ! Ils vont m’entendre ! Il va pleuvoir des « pouce-en-bas » ! Entre ça et l’immigration galopante, on est mal barrés ! Quand y’a pas un Islamien (du pays Islam) pour nous agresser, c’est un de ces mille millions de milliards de Syriens réfugié dans le train d’atterrissage, ou encore une putain de revendication de ces foutus employés low-cost soi-disant esclavagés, tout ça parce qu’ils découvrent comment on se sent lorsqu’on les traite comme on a traité les ouvriers des pays émergents depuis plusieurs dizaines d’années !

Un avion en retard, c’est facile deux cents voix de plus pour l’extrême droite. Rassurons-nous, lorsque nos gosses de 4 à 15 ans devront coudre 16 heures par jour les Adidas des demeurés d’ailleurs, à ce moment-là, ça fera longtemps que la maffia commerciale en présence nous aura privé du droit de vote.

Nom de dieu, y’en a marre ! Même si on ne sait plus de quoi, et même si dieu s’en moque ! C’est comme si, sous couvert de vouloir remettre de l’ordre, en assumant sans réfléchir l’énorme-horrible risque de redorer les grandes heures du fachisme, on voulait en réalité tout faire péter, mettre des antéchrists sur le trône, pour se la croire enfin en droit de dézinguer tout ce qui passe, écraser son poing sur la table et bouffer du zombie comme dans les zeu video de grands zenfants qui zont droit à pas grandir et à fuir les responsabilités parce qu’au boulot c’est pas vraiment ça, que bobonne ne veut pas, ou qu’elle veut trop, que les gosses mal léchés nous crachent leur coca à la gueule, qu’en plus de ramasser les merdes du chien maintenant il faudrait trier les poubelles, que le mondial de ballon et l’huile de palme hydrogénée ne parviennent plus à combler ces vides qui nous brûlent, véritables ulcères existenciels.

Les trois gros balourds britanniques du banc d’en face me regardent, exaspérés par ma résignation. (J’essaie de mettre à profit le fâcheux contre-temps en favorisant l’hydratation, le retour veineux, le drainage lymphatique et le fragile équilibre de mon système nerveux parasympathique ; c’est-à-dire une mixture de relaxation et de sieste avec les pieds surélevés sur le charriot à bagages, en essayant de faire fi du tarif outrageant des bouteilles d’eau à l’aéroport…) Ils ne comprennent pas pourquoi je ne m’associe pas à leur courroux, pourquoi je ne m’affilie pas illico au club des enragés, des enrageurs, ou, au moins, à celui des soupireurs, des regardeurs de montre, des emmerdeurs d’hôtesses.

Et pourquoi que je fais le snob avec ma chemise de bourgeois (1€ les trois aux fripes) et j’ai pas plutôt un superbe tee-shirt en nylon super coloré avec le nom d’un gland multimillionnaire, un numéro, des écussons, des marques, des drapeaux et des pubs. (bien plus populaire : 130€ en provenance directe des ateliers d’exploitation de l’homme par l’homme, depuis la Roumanie jusqu’aux Bangladesh) Pourquoi que je vais pas avec eux me plaindre en geignant de ce système d’immatures inconséquents qu’ils génèrent, alimentent et vénèrent chaque fois que possible ?

Ils ne pigent pas que je ne suis conceptuellement plus de leur bande, que ce qui les atteint si durement depuis pas quarante-cinq minutes me détruit lentement et inexorablement depuis que je suis en âge de penser aux contradictions énormes de la société, que je ne les pardonne pas, parce qu’à mes yeux, ils ont désormais à disposition tous les éléments pour pouvoir savoir exactement ce qu’ils font. Pour moi, l’internet a mis soudainement fin aux mauvaises excuses ; (il fallait bien que je lui trouve une utilité !) si l’ignorance reste un danger, ce n’est en tout cas plus une obstruction au châtiment divin.

Grâce au Maréchal Google, on ne peut plus dire qu’on ne savait pas !

Si mes trois grands vikings rougeots de la rangée d’en face, (qui se « détendent » en se saturant d’aspartame, de caféine et d’extrait de couilles de taureau) ou le couple de Français fachos d’à côté, (qui croit que personne ne comprend leurs remarques xénophobes sur la désorganisation espagnole, les taxis italiens, les compagnies aériennes étrangères, le look des étrangers, l’internet étranger, le métro étranger, la police étrangère, la bouffe étrangère, les langues étrangères, l’étrangeté étrangère…) ou les excités qui s’obstinent à occuper les toutes premières places pile au bout du bord de la porte d’embarquement, (et de la crise de nerfs) si tous semblent se croire en droit de me juger pas suffisamment revendicatif à leur goût, pas assez parcouru de spasmes musculaires et de tics nerveux, injustement mou et patient ; comment alors doivent-ils nous voir les supers balèzes en méditation, les maîtres en leur pré carré de Tao, ceux qui ont intégré le concept d’inutilité jusqu’à l’inutilité de conceptualiser ?

Pour commencer, ils ne fréquentent pas ces lieux, ou le moins possible. Ils ne confient pas seulement en leur téléphone portable. Ils se gardent bien d’écrire sur le dos des autres. Ils ont en réserve des abîmes de patience et de compréhension, et mille et une autre qualités que je ne suis toujours pas du tout capable de mettre en œuvre à temps plein. Je connais un type qui pourrait entrer dans cette catégorie. (un seul !) Il refuse même d’entrer dans un supermarché, à cause des néons, du neuro-marketing et de la surpopulation ambiante. A côté de lui tout le monde paraît bavard, et quand il parle, tout le monde s’attend à des aphorismes sacrés…

Ça me gonfle, mais je suis bien obligé d’admettre que je suis évidemment moi aussi le « gros con » de quelqu’un, que des êtres bien plus raffinés doivent eux aussi se forcer à côtoyer ma benoîte simplicité… Il y a des jours où ça me met mal à l’aise rien que d’y penser, des moments où je me fais honte devant tellement de détails à parfaire. Il y a aussi des jours où je m’en moque, où j’use du même galimatias de recours, d’excuses et de circonstances atténuantes que mes compères d’aéroport. Des jours où je m’autorise à ignorer la prochaine vidange de fiel rageur, le nettoyage du filtre à idioties, où j’oublie de combien de dizaines de mg ma pression artérielle à outrepassé les bornes acceptables…

Que ce soit le dit : je ne me pardonne pas non plus mes propres dérives. Elles me grattent comme une étiquette dans le cou. (celle qui dit « made in thirdworld ») Ça me ravage d’être à ce point ressemblant à ceux que je conspue sans rien savoir.

Orgie de publicités, de néons, d’écrans de toutes les tailles et de toutes les âneries imaginables. Je me sens comme trempé dans une mare de bruits boueux. Entièrement souillé de lumières collantes. Ecœuré par ce banquet visuel, par ce buffet d’images à volonté, « as much as you can watch ». L’offre est surdimensionnée. La demande est obscène, obsessionnelle. Le format est court et le cours des choses, effréné. Ce monde a plus de stimulus que nous n’en pouvons contenir. Le rythme d’effacement de la mémoire est surpassé. Et que dire des écrits, depuis que nous sommes tous écrivains ?

Ah ça !… Le plus logique serait de commencer par me taire, cesser ici et maintenant d’écrire, de saliver mon indignation stérile. Donner l’exemple par abstention. Faire silence le premier. Pourquoi pas ? La solution est tout à fait recevable, même si strictement inutile. L’idée de me taire me séduit. J’ai l’intuition que ce serait salutaire. Mais pour qui se croit scribouilleur, mettre un terme à ses points finaux, c’est comme arrêter le tabac : ce n’est jamais le bon moment. Écoutera-t-on mes silences au milieu de tant de fracas ? Fera-t-on cas de mon absence ? Bien sûr et heureusement que non. Le détachement n’est pas vraiment à la mode.

Aujourd’hui, il faut hurler haut et fort pour pouvoir téter directement à la corne d’abondance. Si tu te tais, tant pis pour toi ! Cette course sans ligne d’arrivée s’accélérera-t-elle jusqu’à nous lessiver de la dernière goutte de patience ? Est-ce que tout le monde s’en moque éperdument ? Est-ce que la conclusion de tout est que rien n’a véritablement d’importance ? Se peut-il que l’orgie de satisfaction immédiate justifie les moyens déshonorants mis en pratique ? Même si ça fait peur, je crois qu’il nous faut convenir que oui.

Peut-être que l’humanité
n’est que le brouillon de quelque chose
qui se veut sublime ?

Nous avons fait taire le juge impartial qui en nous régissait les détails du grand œuvre de l’évolution. Repue d’excitants et de troubles saucisses, la conscience ne se fait plus entendre que lorsqu’elle ronfle. La lutte finale est au bout du rouleau, et l’amour lâche de temps à autre un long pet foireux. Nous y voilà, mon ange. Tu peux remiser tes ailes et la nanotechnologie du saint-esprit. J’en ai fini avec le jugement d’autrui, aussi du leur à mon égard. Perfusé en permanence par le lait fort et gras de l’internet, sondé par des tas de tubes qui recueillent tout de moi, il ne m’est même plus permis de critiquer.

En cette ère où tout se mesure, se note, se gratifie, au cœur de ce jeu puéril où tout se juge au sussucre ou à la fessée, je me demande bien en quoi il peut encore être utile d’apporter un commentaire de plus. Mais bon, si l’on s’en tenait uniquement au degré d’utilité, il n’y aurait que des pompiers et des urgentistes enterrés au Panthéon…

Que j’écrive à propos de l’Amour ou des taxis d’Istanbul, que je commente un poème de Maïakovski ou la qualité d’un hôtel de Singapour, que je mette une note à la recette des endives rouges ou du riz bleu, ou que je juge comme un tribun suprême le niveau de propreté des chiottes qui jouxtent la porte B61 du terminal 1 de l’aéroport de Barcelone, je me sentirai pareil qu’un petit grain de café lyophilisé dilué dans le dixième gobelet tiède du trois millième participant d’un symposium sur le neuro-design en psycho-merchandising de l’électroménager de nouvelle e-génération.

(A côté de moi, un groupe de jeunes commerciaux genre « force de vente » discute passionnément depuis de loooongues minutes autour de la maquette d’une brochure de description d’aspirateurs super fashion que si tu l’as pas t’es rien qu’un looser comme les autres loosers qu’ont rien qu’un vieil aspirateur tout moche pas profilé en plastoc violet transparent avec des tas d’accessoires indispensables qu’on savait même pas qu’on en avait tellement besoin…)

Enfin… je me console en me disant que même les meilleurs auteurs (surtout les meilleurs !) se laissent facilement prendre au jeu de l’arroseur arrosé : le verbeux qui s’insurge contre l’effusion de syllabes superflues, typique ! grotesque ! Pareil pour ces interviews télévisées qui dénigrent la société de consommation dans des programmes criblés de propagande. Même chose pour ces blogs qui ne te parleront de liberté d’expression qu’une fois que tu auras accepté leurs saloperies de cookies à la con. Y’a de quoi rire. Et y’a aussi de quoi pleurer. C’est vrai que je vénère le style sobre et concis du Haïku, mais plus j’écris, et plus j’ai de respect pour les peintres. Grâce à dieu, (façon de parler) la connerie m’inspire davantage qu’elle m’énerve. Grâce aux « tendances » de cette société experte en frivolité sans fond, le moulin à blabla est actionné par une source intarissable.

On aurait dû s’en tenir à « Ôte-toi de mon soleil »…
Bon, ok, on aurait pu mettre quelques mots de Benedetti, des haïkus bien sentis d’Issa, deux-trois blagues scatophiles, un bon vieux retour de bâton à la Camus. On ne pourrait pas se passer d’au moins dix des merveilleux robayats de Khāyyam, et … Et merde, ça recommence à déborder ! En fait, on fait bien de baver tout ce qu’on a d’encre subtile et de vidéos de merde (ou l’inverse, évidemment), de continuellement chercher à parfaire ou blasphémer ! Car la rétention de mots nous empoisonne, nous rend cinglés !

Écrivons tous, mais écrivons partout ! Des puteries, des partitions, des partis-pris ou des condamnations. Scandons notre « j’accuse » avec de petits visages rouges mécontents. La e-révolution à coups d’émoticônes. Écrivons que cette manie d’obéir nous passera un jour, et que ce jour il vaudra mieux ne pas trop nous courir sur le haricot. Mettons partout grain de sel et notre musique. Même les potées de géraniums sont des notes ajoutées à la symphonie générale. Écrivons que le fait d’avoir un jour rampé n’interdit pas de prendre de la hauteur, de retomber, de se reprendre, de tournoyer.

Écrivons qu’être capable de tout, c’est aussi être capable de grandeur !!

Les turbulences secouent les passagers au rythme de « But not for me » que Chet Baker me balance dans le secret des écouteurs. Swing des nuages, déhanché de la fille qui se presse aux WC avant que ce ne soit plus permis d’uriner dans les cieux. Toutes les têtes remuent comme si elles appréciaient le « Saint Louis blues » de Becquet, qui vient de débouler entre deux annonces de trous d’air. Comédie musicale en plein vol, comme si on survolait la Louisiane un jour d’alerte à l’ouragan. Il me semble voir les pilotes claquer des doigts…

Mais Coltrane remet tout le monde à sa place, en soufflant pour Ernie un thème beau à se rouler dans le tapis de cirro-stratus. Il n’y a jamais suffisamment de jazz New-Orleans et de turbulences… Allez ! On se fait « Summertime » au soprano avant d’entamer la procédure d’atterrissage ? Ok, mais alors on zigzague un peu, pour que le « Creole blues » nous fasse tanguer encore malgré la ceinture de sécurité et l’interdiction de se lever !

« Tandis que nous passons
du berceau au cercueil…
Que de paroles inutiles ! »

(Kobayashi Issa)

Vol Barcelone/Venise. Janvier 2018

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